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définitions

acharner (v. pron.)

1.continuer de faire volontairement. S'obstiner, persister, s'acharner.

2.s'obstiner, persévérer, demeurer inébranlable en tout. Persister à nier.

Le Littré (1880)

ACHARNER (v. a.)[a-char-né]

1. Donner aux chiens, aux oiseaux de proie le goût de la chair.

2. Irriter des hommes, des animaux les uns contre les autres.

Ce n'est point, madame, et ce ne peut point être votre dessein d'acharner les fidèles contre les fidèles (BALZ. Disc. à la Régente.)

Le premier sang versé rend sa fureur plus forte [du peuple] ; Il l'amorce, il l'acharne, il en éteint l'horreur (CORN. Nicom. V, 4)

Puisse leur liberté, préparant leur ruine, Acharnant les époux, les pères, les enfants.... (VOLT. Scyth. V, 4)

Qu'allons-nous donc faire par le renvoi de la délibération ? Manquer le moment décisif, acharner notre amour-propre à changer quelque chose à un ensemble que nous n'avons pas même conçu ! (MIRAB. Collection, t. II, p. 182)

3. S'acharner, v. réfl. Mettre fureur et opiniâtreté dans la lutte. S'acharner sur les vaincus. Ce qu'il y avait de plus grand en France s'acharnait à ce combat.

On s'acharne, on combat sur le corps d'Indatire (VOLT. Scyth. IV, 7)

Que l'ours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ne vit, ne meut ni ne respire (LA FONT. Fab. V, 20)

Ton extrême rigueur S'acharne sur mon coeur (MOL. Princ. d'Él. III, 3e interm. 2)

4. S'attacher avec opiniâtreté. Ils s'acharnent à diffamer cette harangue.

Ils s'acharnaient contre le baptême des petits enfants (BOSSUET Var. II)

HISTORIQUE

XVe s.Et tant estoit sur eulx acharné qu'après eulx es jardins ficher se vouloit (Bouciq. II, 20)

XVIe s.Bertrand leur remit le coeur en disant qu'il falloit s'acharner sur la personne du baron de Mareuil (Guesclin. Mém. 8)Il se verroit maistre de ces vices qui sont habituez et acharnez en luy (MONT. I, 397)Qui a jamais leu d'homme si obstinement acharné envers femme, que de celui-là envers Poppée ? (MONT. IV, 382)Des puissants dieux et des hommes mocqueur, Tout acharné de meurtre et de furie, Enfié d'orgueil, enflé de vanterie (RONS. 652)Prince né avec un esprit vif, prompt à tout, acharné à toutes sortes d'amour (D'AUB. Hist. II, 129)

ÉTYMOLOGIE

À et chair (voy. ce mot) ; Berry, achargner ; bourguig. écharné.