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définitions

entêtement (n.m.)

1.ardeur tenace dont fait preuve une personne dans la poursuite de ce qu'elle entreprend.

Le Littré (1880)

ENTÊTEMENT (s. m.)[an-tê-te-man]

1. Action de se porter à la tête, d'affecter la tête. L'entêtement par des parfums.

2. Fig. État d'un esprit, d'un coeur, d'une âme entêtée.

J'aime la poésie avec entêtement (MOL. Fem. sav. III, 2)

Une fausse gloire, un faux esprit de réforme, une fausse religion, un entêtement de parti, et les aveugles passions qui l'accompagnent (BOSSUET Var. Avert. V, § 35)

Ç'a été autrefois mon entêtement comme il est le vôtre ; mais il y a trois choses à considérer... (LA BRUY. V)

De là les entêtements en faveur des uns, de là les déchaînements bizarres contre les autres (BOURDALOUE Homél. sur l'aveugle-né, Domin. t. IV, p. 478)

Un temps a été que les Latins étaient modernes, et alors ils se plaignaient de l'entêtement que l'on avait pour les Grecs qui étaient les anciens (FONTEN. Digr. anc. mod. Oeuvr. t. IV, p. 196, dans POUGENS)

Connaissant l'entêtement qu'il avait pour le nom d'érudition (HAMILT. Gramm. 4)

Les deux entêtements de cette dernière [dame] étaient la danse et la parure (HAMILT. ib. 7)

Elle commençait à revenir de l'entêtement qui l'avait séduite en sa faveur (HAMILT. ib. 11)

Tel est aujourd'hui l'entêtement du siècle, de s'y faire des plans de religion (MASS. Myst. Visit.)

On ne revient guère de l'entêtement de la naissance (MASS. Av. Dispos.)

La folle opiniâtreté que produit l'entêtement (BAYLE Lett. à Constant, 4 juill. 1697)

Je n'ai pas l'entêtement des grandes alliances (MARIVAUX l'Épreuve, sc. 1)

Il se dit de celui qui est un objet d'entêtement.

Si, à votre âge, vous êtes si vif et si impétueux, quel nom, Théobald, fallait-il vous donner dans votre jeunesse, et lorsque vous étiez la coqueluche et l'entêtement de certaines femmes ? (LA BRUY. V)

3. Attachement excessif d'une personne à ses opinions. Rien n'égale l'entêtement de cette femme.

Outre que l'entêtement est partout vicieux, il ne laisse jamais le coeur dans une disposition paisible, parce qu'il est toujours impatient et violent (BOURD. Pensées, t. I, p. 380)

Rien ne ressemble plus à la vive persuasion que le mauvais entêtement (LA BRUY. XII)

La faiblesse a mille fois plus d'inconvénients que l'entêtement (Mme DE GENLIS Ad. et Théod. t. I, lett. 26, p. 116, dans POUGENS)

ÉTYMOLOGIE

Entêter.