rechercher :

Le Littré (1880)

ENTREMETTRE (S') (v. réfl.)[an-tre-mé-tr']

Il se conjugue comme mettre. S'employer dans une affaire en faveur de tiers. Il s'entremit pour les accorder, pour obtenir leur grâce.

Ah ! ah ! c'est toi, Frosine ? que viens-tu faire ici ? - Ce que je fais partout ailleurs : m'entremettre d'affaires, me rendre serviable aux gens (MOL. l'Av. II, 3)

Car quand l'amour d'un et d'autre côté Veut s'entremettre, et prend part à l'affaire (LA FONT. Rich.)

Nous nous entremettons les uns pour les autres (BOSSUET Asc. 2)

Il voulut même s'entremettre pour le maintenir dans sa dignité (FLÉCH. Théodose, II, 56)

HISTORIQUE

XIIe s.Mais li honurez reis de France Loewis Endementieres [pendant ce temps] s'est durement entremis Que il fesist le rei e saint Thomas amis (Th. le mart. 104)Saül aveit osted de la terre ces [ceux] ki s'entremeteient d'enchantement et de sorcerie (Rois, p. 108)

XIIIe s.D'avoir lor paiz moult m'entremis, Et vosisse bien estre mis Avec Bel-acueil en prison (la Rose, 15155)Droit ot raison de moi blasmer, Quant onques m'entremis d'amer ; Trop griés maus m'en convient sentir (ib. 4162)Ainçois savoie tout de voir [vrai], Que de l'avoir [le bouton] noient estoit, S'amors ne s'en entremetoit (ib. 2790)Tout soit il ainsi que il n'ait pas en nous toutes les graces qui doivent estre en homme qui s'entremet de baillie (BEAUMANOIR 17)Aucuns d'eulz s'entremistrent d'apaisier le conte Perron audit conte Tybaut (JOINV. 203)

XVe s.De s'entremectre de mes faiz, Je n'en requier nulles ne nuls (CH. D'ORL. Rond. 43)

XVIe s.Qui s'entremet [agit comme procureur] doit achever, et qui commence et ne parfait, sa peine pert (LOYSEL 376)Numa ne vouloit pas qu'ilz ouyssent rien du service divin, par maniere d'acquit, en faisant autre chose, ainz qu'ilz entremeissent [laissassent] toute autre besongne (AMYOT Numa, 24)

ÉTYMOLOGIE

Entre, et mettre ; provenç. entremetre ; espagn. entremeter ; ital. intramettere.