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Le Littré (1880)

ESCARMOUCHER (v. n.)[è-skar-mou-ché]

1. Combattre par escarmouches. On ne combattit point, on ne fit qu'escarmoucher.

2. Fig. Disputer légèrement. On n'a point approfondi la question, on n'a fait qu'escarmoucher.

Escarmouchez seulement avec lui (SÉV. 457)

M. Duveyrier, qui escarmouche légèrement avec finesse (BACHAUMONT Mém. secrets, t. XXXIV, p. 154, dans POUGENS)

S'escarmoucher, v. réfl. Même sens.

Je travaillerais en vain tant que le chancelier s'escarmoucherait avec le duc sans cesse au conseil (SAINT-SIMON 305, 246)

C'est [l'Écriture] un champ de bataille où l'on s'attaque, où l'on s'escarmouche de bien des manières (MONTESQ. Lett. pers. 134)

Mais on ne dira pas que nous nous étions escarmouchés la veille (MONTESQ. ib. 54)

HISTORIQUE

XVe s.Il se commença à aider et escarmoucier d'icelle pelle pour faire place (Bibl. des Chartes, 1re série, t. v, p. 489)Et si fit-on aucun compagnon monter sur coursiers pour escarmoucher à eux [les Escots] (FROISS. I, I, 41)

XVIe s.Si la volonté [comparée à un cheval] s'escarmouche trop fort, il la reprime, il corrige sa rebellion (CALV. Instit. 223)Il se meit à suivre son ennemy à la trace, donnant sur la queue, et escarmouchant les derniers dedans les destroits des montagnes (AMYOT Fab. 18)C'est la cause par laquelle il [Luther] s'est si fort escarmouché (SLEIDAN f° 19)Elle qui estoit toute plaisante, joyeuse et hardie, voyant cet homme beau, gaillard et de bonne façon, commença l'escarmoucher du coin de l'oeil, lui lançant mille amoureux regards (Nuits de Straparole, t. II, p. 188, dans LACURNE)Si est il vray que à qui me veult loyalement injurier, il me semble fournir bien suffisamment où mordre en mes imperfections advouées et cogneues, et de quoy s'y saouler, sans s'escarmoucher au vent (MONT. IV, 113)

ÉTYMOLOGIE

Escarmouche.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ESCARMOUCHER. - HIST. Ajoutez : XIVe s.Si fist on aucuns compaignons monter sur courchiers pour escarmucher (J. LE BEL Vrayes Chroniques, t. I, p. 63)