rechercher :

définitions

esclavage (n.m.)

1.condition d'esclave.

2.pratique consistant à posséder des esclaves.

3.état de dépendance totale; esclavage.

4.état d'un esclave.

5.travail effectué sans choix et sans paiement.

6.(figuré)fait d'asservir qqn.

Le Littré (1880)

ESCLAVAGE (s. m.)[è-skla-va-j']

1. État d'esclave dans l'antiquité. L'esclavage chez les Grecs et chez les Romains. Emmener, réduire en esclavage des femmes, des enfants.

On ne croirait jamais que c'eût été la pitié qui eût établi l'esclavage (MONTESQ. Esp. XV, 2)

Je ne vous demande que la liberté d'une jeune esclave de Babylone que vous avez depuis quelques jours ; et je consens de rester en esclavage à sa place, si je n'ai pas le bonheur de guérir le magnifique seigneur Ogul (VOLT. Zadig, 18)

État d'esclave chez les modernes. L'esclavage des nègres.

Le cri pour l'esclavage est le cri du luxe et de la volupté, et non pas celui de l'amour de la félicité publique (MONTESQ. Esp. XV, 9)

L'esclavage est d'ailleurs aussi opposé au droit civil qu'au droit naturel ; quelle loi civile pourrait empêcher un esclave de fuir ? (MONTESQ. ib. XV, 2)

2. Par extension, assujettissement, dépendance. Être en esclavage sous un despote.

Gouverner les peuples contre leur volonté, c'est se rendre très misérable pour avoir le faux honneur de les tenir dans l'esclavage (FÉN. Tél. VIII)

Ce serait mettre les familles dans le plus rigoureux esclavage (FÉN. ib. XXIII)

L'esclavage politique établi dans le corps de l'État fait que l'on sent peu l'esclavage civil (MONTESQ. Esp. XV, 13)

Dans les climats où les femmes vivent sous un esclavage domestique, il semble que la loi doive permettre aux femmes la répudiation, et aux maris seulement le divorce (MONTESQ. ib. XVI, 15)

À peine Jérusalem jouit-elle de quelque ombre de liberté, qu'elle fut déchirée par des guerres civiles, qui la rendirent, sous ses fantômes de rois, beaucoup plus à plaindre qu'elle ne l'avait jamais été dans une si longue suite de différents esclavages (VOLT. Dict. phil. Juifs.)

3. Fig. Ce qui assujettit, subjugue. L'esclavage des passions.

Je ne hais point la vie et j'en aime l'usage, Mais sans attachement qui sente l'esclavage (CORN. Poly. v, 2)

Je brise avec honneur mon illustre esclavage (CORN. Rodog. III, 3)

Il vous dégage des passions.... qui sont les sources de vos péchés.... si vous en aimez l'esclavage (BOURD. Avent, Pénit. 482)

Vous vivez dans l'esclavage du péché et vous y mourrez (BOURD. 8e dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 135)

Mais si, par d'autres soins plus dignes de mon âge, Par de profonds respects, par un long esclavage (RAC. Baj. III, 2)

L'esclavage de la rime, la gêne, la contrainte qu'elle impose.

Ce qui laisse peu de liberté, de loisir. Cet emploi est lucratif, mais c'est un esclavage.

4. Terme de gravure. Manière gênée, taille qui n'est point quittée à propos.

5. Sorte de chaîne, ordinairement ornée de diamants ou de pierres précieuses, qui descend sur la poitrine en demi-cercle, dite ainsi parce qu'on la compare à la chaîne portée par l'esclave.

Il portait un chapeau pointu retroussé d'un gros diamant, et un esclavage de perles et de rubis au lieu de carcan (HAMILTON Le bélier, au commencement.)

6. Ancien terme de négoce. Le droit qu'une compagnie de marchands avait seule de vendre et d'acheter certaines marchandises.

REMARQUE

M. de Malherbe disait et écrivait esclavitude, et ne pouvait souffrir esclavage ; néanmoins esclavage est beaucoup plus usité que l'autre, VAUG. Rem. t. II, p. 681, dans POUGENS.

ÉTYMOLOGIE

Esclave.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ESCLAVAGE. - REM. Ajoutez :

2. Vaugelas n'aimait pas beaucoup mieux esclavage qu'esclavitude ; car il terminait sa note par ces mots : " Il faut éviter l'un et l'autre, tant qu'il est possible, et je ne suis pas seul de cet avis (Rem. p. 399, de l'éd. in-4° de 1704). " Le puriste s'est trompé sur le sort d'un de ces mots ; esclavage est entré pleinement dans l'usage.

proposition : lemmes