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définitions

essai (n.m.)

1.action par laquelle on s'efforce d'atteindre un résultat difficile à obtenir.

2.ouvrage qui explique, expose l'ensemble d'un domaine particulier.

3.au rugby, action de poser le ballon derrière la ligne de but de l'adversaire.

4.épreuve qui permet de juger de l'aptitude de qqn, de l'adaptation de qqch à.

5.ouvrage littéraire qui traite d'un sujet de manière libre et non exhaustive.

6.exercice scolaire consistant à traiter par écrit une question littéraire, philosophique ou historique.

essai (n.)

1.essai, test, expérimentation de qqch.

Le Littré (1880)

ESSAI (s. m.)[è-ssè]

1. Moyens divers par lesquels on s'assure si un objet convient à l'emploi qu'on en veut faire. Faire l'essai d'une machine, d'une arme à feu. L'essai d'un remède.

Essai des animaux, les divers exercices auxquels on les soumet pour apprécier leurs aptitudes.

Terme de minéralogie. Opération analytique qu'on exécute en petit, à l'effet de reconnaître la nature et le nombre des substances contenues dans un minéral. Essai par la voie sèche. L'art des essais.

Plus particulièrement, opération qu'on fait subir à l'or et à l'argent par le moyen de la pierre de touche, pour en apprécier le degré de pureté.

2. Action de déguster les mets chez les rois et les princes.

Faites faire un essai par quelque domestique (CORN. Rodog. v, 4)

La coupe dans laquelle se fait cet essai.

Le duc d'Anjou [devenu roi d'Espagne] avait une soucoupe et un verre couvert, et l'essai comme pour le roi (SAINT-SIMON 83, 82)

3. Petite portion de quelque chose qui sert à juger du reste. Des essais de vin, de poudre à tirer.

Il se dit des petites bouteilles où il ne tient de vin qu'autant qu'il en faut pour en juger, et des petites tasses où l'on met du vin pour le goûter.

4. S. m. plur. Petits morceaux de verre qu'on met dans le fourneau lorsqu'on cuit la peinture sur verre.

5. Fig. Tentative comparée aux opérations d'essai.

Que je fasse un essai de mon obéissance (CORN. Sertor. II, 2)

Vous aidez aux Romains à faire essai d'un maître (CORN. ib. III, 2)

Après avoir fait essai de ses forces (PASC. Prov. 2)

Ils faisaient essai de leur liberté (BOSSUET Reine d'Angleterre.)

Plût au ciel que sa main, heureusement cruelle, Eût fait sur moi l'essai de sa fureur nouvelle (RAC. Brit. v, 7)

6. Prémices.

D'un courage naissant sont-ce là les essais ? (RAC. Iphig. I, 2)

Avant-goût.

Voici l'heureux essai de nos contentements (CORN. Rodog. v, 3)

Et d'un cruel refus l'insupportable injure N'était qu'un faible essai des tourments que j'endure (RAC. Phèd. IV, 6)

Faire l'essai, ressentir, éprouver.

Quel tourment de cesser de plaire, Lorsqu'on a fait l'essai du plaisir d'être aimé ! (QUINAULT Isis, I, 3)

7. Coup d'essai, première tentative.

Où buvant et mangeant je fis mon coup d'essai (RÉGNIER Sat. II)

Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître, Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître (CORN. Cid, II, 2)

Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal (CORN. ib. II, 2)

Ce n'est pas sur ce coup que je fais mes essais (CORN. le Ment. IV, 9)

Cette pièce fut mon coup d'essai, et elle n'a garde d'être dans les règles, puisque je ne savais pas alors qu'il y en eût (CORN. Examen de Mélite.)

Cette intendance qui fut comme un coup d'essai de son ministère (FLÉCH. le Tellier.)

8. À l'essai, par forme d'essai. Prendre à l'essai un domestique. Donner un cheval à l'essai. Vente à l'essai.

Pour détromper ma soeur, et lui faire connaître Ce que son philosophe à l'essai pouvait être (MOL. Femm. sav. v, 5)

Mettre à l'essai, éprouver, pousser à bout.

Pour mettre à l'essai ma complaisance (J. J. ROUSS. Ém. II)

9. Première production d'un esprit qui s'essaye dans un genre quelconque. Les essais de ce jeune homme donnent de grandes espérances.

Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume, Donna pour mon malheur un trop heureux volume (BOILEAU Épît. VI)

La statue de Junon nous offrit les premiers essais de la sculpture ; elle est de la main de Smilis, un des plus anciens artistes de la Grèce (BARTHÉL. Anach. ch. 74)

Premiers essais de la comédie par Susarion, 580 ans avant Jésus-Christ (BARTHÉL. ib. tome dernier, table 1re.)

Ouvrage dans lequel l'auteur traite sa matière sans avoir la prétention de dire le dernier mot. Ce n'est qu'un essai sur la matière.

Titre de beaucoup de livres spéciaux, donné par un sentiment de modestie, comme si le nom de traité ou d'ouvrage était trop élevé. Les Essais de Montaigne. Essai de morale. Essai sur la musique.

10. Terme de vénerie. Écorchures que font aux branches faibles et flexibles les cerfs qui sont près de toucher au bois.

Il a donné l'essai, se dit du sanglier, qui, rentrant du gagnage, est animé et a frappé avec ses défenses contre de jeunes arbres.

SYNONYME

ESSAI, ÉPREUVE. L'essai se fait pour savoir si une chose convient, si elle peut être employée ; l'épreuve, pour savoir si la chose peut soutenir le service. On fait l'épreuve d'un pont de fil de fer ; on fait l'essai d'une nouvelle machine.

HISTORIQUE

XIIIe s.St Bernars nous met à l'essai (Voie du Paradis)Bele suer [soeur], combien puet avoir Que vous poez apercevoir Qu'avoec li conversé avez ? Dites le nous se vous savez, Firent cil qui firent l'essai (RUTEB. II, 166)

XIVe s.Un hanap d'argent blanc pour faire essay (Invent. de Charles V. dans DE LA BORDE, Émaux, p. 304)

XVe s.Car s'oncques nul sceut que c'est de detresse, Je pense bien que j'en ay fait l'essay (CH. D'ORL. Bal. 11)

XVIe s.Je l'aymerois mieux à l'essay, Avant qu'entrer en mariage (MAROT I, 203)Il l'escrivit par maniere d'essay en sa premiere jeunesse (MONT. I, 206)Ayant donné ce premier essay de son eloquence et de sa magnanimité, il en fut grandement estimé (AMYOT Cat. d'Utiq. 9)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. essai, assai, assag ; catal. ensatg, ensaig, assatg ; espagn. ensayo ; ital. assaggio, saggio ; du latin exagium, pesage.