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définitions

éteint (adj.)

1.qui n'a plus d'éclat; qui a perdu de sa vigueur.

2.qui ne brûle plus, n'émet plus de lumière.

3.qui n'existe plus, décédé et ne laissant aucun représentant vivant " une espèce de poisson éteinte " " une famille royale éteinte " " lois et coutumes éteintes "

4.inactif en permanence (pour un volcan) " un volcan éteint "

5.devenu froid " il ne faut pas jeter ses cigarettes, même éteintes, dans la rue" " le feu est éteint "

Le Littré (1880)

ÉTEINT, EINTE (part. passé d'éteindre)[é-tin, tin-t']

1. Qui a cessé de brûler. Un feu éteint très promptement. La bougie est éteinte.

À chandelle éteinte, ou, substantivement, à éteinte de chandelle, s'est dit d'une adjudication qui reste ouverte tant qu'une petite chandelle qui brûle n'est pas consumée. On dit aujourd'hui : à l'extinction des bougies ou des feux.

Fig.

Et de David éteint rallumer le flambeau (RAC. Athal. I, 2)

Même au sein du sénat traînant Rome à son char, Germanicus éteint triomphe de César (M. J. CHÉN. Tibère, I, 4)

2. Volcans éteints, volcans qui ont cessé de brûler et d'être en activité.

3. Qui a perdu son éclat.

Il [M. de Monaco] avait deux gros yeux d'aveugle, éteints, et qui en effet ne distinguaient rien à deux pieds d'eux (SAINT-SIMON 44, 2)

L'air morne, l'oeil éteint, pourtant dans leur tristesse Se laissait entrevoir un rayon d'allégresse (DELILLE Paradis perdu, I)

4. Détruit, qui n'existe plus.

La vérité était donc éteinte avant que la réforme parût ? (BOSSUET Avert. 3)

La tyrannie des Pisistratides est entièrement éteinte (BOSSUET Hist. I, 8)

Leur haine pour Hector n'est pas encore éteinte (RAC. Andr. I, 4)

L'esprit de pénitence est presque éteint parmi les fidèles (MASS. Car. Jeûne.)

Des lois ou négligées par le relâchement, ou éteintes par la coutume (MASS. Or. fun. Villars.)

Grand prince [le prince Eugène], qui, dans cette cour [de Louis XIV] Où la justice était éteinte, Sûtes inspirer de l'amour, Même en nous donnant de la crainte (VOLT. Ép. VIII)

N'avoue-t-il pas lui-même qu'il serait ridicule de fonder la constitution de l'État sur des maximes éteintes ? (J. J. ROUSS. Polysynodie, jugement.)

L'amitié même éteinte avait encore des droits qu'il aurait dû respecter (J. J. ROUSS. Conf. IX.)

Hélas ! des rois bientôt la mémoire est éteinte (DUCIS Hamlet, II, 5)

Famille, race éteinte, celle dont il ne reste plus d'héritier.

Et quand Dieu, de vos bras l'arrachant sans retour, Voudrait que de David la maison fût éteinte (RAC. Athal. IV, 5)

5. Il se dit des facultés qui perdent leur activité.

De ses sens presque éteints il a perdu l'usage (LEMERC. Fréd. et Br. v, 4)

Dans un sens analogue.

Et de mes jours éteints [il a] ranimé la chaleur (M. J. CHÉN. Fén. IV, 4)

Homme éteint, homme dont les facultés sont amorties soit par les fatigues, soit par l'âge.

Elle est d'une extrême délicatesse ; elle ne se promène quasi pas ; elle a toujours froid ; à neuf heures du soir elle est toute éteinte ; les jours sont trop longs pour elle (SÉV. t. VII, lett. 705, p. 229, dans POUGENS)

6. Une voix éteinte, si faible qu'on peut à peine l'entendre.

Non, lui dit-elle, d'une voix presque éteinte, je n'accepte point ces présents, je pars (MARMONTEL Contes moraux, Soliman II)

7. Terme de chimie. Mercure éteint, mercure tellement trituré avec d'autres substances qu'on n'aperçoit plus, dans le mélange, aucun globule métallique.

proposition : lemmes