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définitions

éternel (adj.)

1.qui ne peut périr ou dont la durée de vie est extrêmement longue " souvenir impérissable "

2.qui a toujours existé et continuera d'exister ainsi.

3.que le temps n'altère pas.

4.qui dure un temps infini.

5.qui n'en finit pas, ennuie à force de durer.

6.qui est en dehors du temps.

7.(didactique)qui n'est pas soumis au temps, a la durée.

Le Littré (1880)

ÉTERNEL, ELLE (adj.)[é-tèr-nèl, nè-l']

1. Qui n'a pas eu de commencement et n'aura point de fin. Des philosophes ont cru le monde éternel. Dieu est éternel. Le Père éternel. Le Verbe éternel.

Les ordres éternels D'un Dieu qui vous demande au pied de ses autels (VOLT. Zaïre, v, 3)

Quel sang a demandé l'éternelle justice ? (VOLT. Fanat. III, 1)

Une vérité éternelle, une vérité immuable.

2. Qui n'aura point de fin. Le bonheur éternel du paradis.

Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ? (RAC. Andr. v, 6)

D'un éternel oubli ne tirez pas les morts (VOLT. Sémir. II, 7)

De tout ce que j'aimais cette éternelle absence [la mort] Abattit mon courage, accabla ma constance (ST-LAMBERT Saisons, Hiver.)

La passion voit tout éternel ; mais la nature humaine veut que tout finisse (DIDEROT Père de famille, II, 6)

La ville éternelle, Rome.

Les ouvrages qui ont donné et donnent encore aujourd'hui la plus haute idée de sa puissance [de Rome] ont été faits sous les rois ; on commençait déjà à bâtir la ville éternelle (MONTESQ. Rom. I)

Poétiquement. Le sommeil éternel, la mort.

3. Par extension, dont on ne peut prévoir la fin, fixer le terme.

D'une éternelle paix Hermione est le gage (RAC. Andr. II, 4)

Un obstacle éternel rompt notre intelligence (RAC. Bajaz. II, 3)

Un éternel adieu, adieu que se font des personnes qui ne doivent plus se revoir.

V. Hugo a donné un comparatif à éternel. Mais si la Grèce est sans prestiges, Tu savais des lieux solennels Où sont de plus sacrés vestiges, Des monuments plus éternels, Odes, IV, 6.

4. Par exagération, qui semble ne devoir pas finir, qui fatigue, qui ennuie.

Claude même lassé de ma plainte éternelle (RAC. Brit. IV, 2)

Tous mes moments ne sont qu'un éternel passage De la crainte à l'espoir, de l'espoir à la rage (RAC. Bérén. v, 4)

[Elles].... se plaignent tous les jours des dégoûts et des égarements éternels qu'elles éprouvent dans ce saint exercice [la prière] (MASS. Car. Prière 1)

On ne trouve plus guère après le siècle d'Hélène [mère de Constantin] que l'éternel corinthien [ordre corinthien] (CHATEAUB. Itin. II, 159)

Qu'importe ce vain flux d'opinions mortelles Se brisant l'une l'autre en vagues éternelles ? (LAMART. Harm. I, 5)

Un causeur éternel, un bavard infatigable.

Un homme éternel, un homme qui fatigue.

Dans l'espérance que l'éternel Saint-Germain en sortirait avant elle (HAMILT. Gramm. 4)

Léonore et son éternelle gouvernante (LESAGE Diable boit. 4)

Mais, baron éternel, ce n'est pas sur un regard équivoque, sur une simple civilité que je suis assuré qu'on m'aime (BOISSY Français à Lond. sc. 1)

Par plaisanterie. Une personne éternelle, une personne dont on attend l'héritage et qui tarde à mourir.

J'en ai l'avis sur moi, que je dois sûrement Hériter avant peu d'une tante éternelle.... Qui me remet toujours (DORAT Feinte par amour, II, 7)

Songe-t-elle à vous assurer de quoi vivre ? elle ne sera pas éternelle, et il serait fâcheux qu'elle ne vous mît pas en état d'être toujours aussi proprement mise (MARIVAUX Mariane, 5e part.)

5. S. m. Dieu.

Il les reçoit comme des hôtes que l'Éternel lui envoie (PATRU Plaid. 3, dans RICHELET)

L'Éternel est son nom, le monde est son ouvrage (RAC. Esth. III, 4)

Oui je viens dans son temple adorer l'Éternel (RAC. Athal. I, 1)

En cet emploi on met un É majuscule.

SYNONYME

ÉTERNEL, PERPÉTUEL. Éternel se rapporte à la durée infinie prise absolument. Perpétuel se rapporte à l'homme, et admet comme possibles, et même comme probables, les interruptions ou terminaisons auxquelles l'humanité est sujette. Une rente est perpétuelle ; l'abbé de Saint-Pierre rêvait une paix perpétuelle. Au contraire ceux qui croient que le monde ne finira pas, disent qu'il est éternel.

HISTORIQUE

XIIe s.Saches que tu es hom mortaus [mortel], E il est veirs Deus eternaus (BENOÎT II, 6267)

XVIe s.Tu y verras les oeuvres magnifiques De l'Eternel (MAROT IV, 208)Pour voir ces monts couverts d'une neige eternelle (DU BELLAY VI, 10, verso.)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. et espagn. eternal ; ital. eternale ; du bas-latin aeternalis, d'aeternus, contracté pour aeviternus, de aevum, âge, durée infinie en grec et du suffixe ternus qui s'applique au temps, comme dans hesternus, sempiternus.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉTERNEL. - ÉTYM. Ajoutez :Aeternalis se trouve comme nom propre dans une inscription chrétienne du IVe siècle (LEBLANT Inscr. chrét. de la Gaule, Préface, p. XXXIII)